Vendredi 13 novembre 2015

Installée devant mon ordinateur, j’ai coupé l’info en continu pour me poser et mettre des mots sur ce que je ressens depuis vendredi dernier. Vendredi 13 quand je me suis réveillée je me suis dit allez on va dire que c’est une belle journée porte-bonheur, j’étais d’humeur légère, j’ai vaqué à mes occupations, pris en photo le bazar de mon bureau comme j’aime le faire, dessiné en pensant à mes futures cartes de voeux. Puis en plus c’était presque le week-end, dans l’après-midi le soleil est apparu, du coup je suis allée chercher les filles à l’école à pieds avec le goûter dans mon sac, on a décidé de profiter de cette belle soirée en s’arrêtant au terrain de jeux, Coline toute fière a escaladé la grande araignée seule sans aide. Puis avec Léa, elles se sont amusées à tourbillonner dans ce petit siège, elles éclataient de rire, c’était les derniers rayons du soleil et j’ai pris cette photo qui pour moi représente l’insouciance de l’enfance et encore plus maintenant. Nous sommes rentrées la nuit tombée, petite routine du soir, une fois les filles couchées, avec Glenn on s’installe dans le canapé, j’ai une grosses pile de magazines déco sur les genoux, j’ai mis une émission en replay que j’écoute d’une oreille et je regarde de temps à autre les photos sur instagram. D’un coup des écrans noirs, des mots : attentats, Paris, explosion, mon esprit n’enregistre pas tout de suite, je me redresse et on met BFM TV, là complètement abasourdie je découvre les fusillades, le nombre de morts qui ne fait qu’augmenter, je vais rester devant mon écran un long moment avant d’aller me coucher complètement sonnée. Dans la nuit j’ai entendu les petits pas de Coline, elle s’est glissée dans notre lit comme elle aime le faire régulièrement, d’habitude je la raccompagne doucement dans sa chambre au bout d’un moment mais là je l’ai gardé contre moi, son souffle régulier m’apaisait. Le matin au réveil après une nuit hachée, mon réflexe a été d’allumer la radio et d’entendre ce terrible bilan 120 morts, 300 blessés, mes larmes coulent, l’incompréhension totale, tous ces jeunes entrain de boire un pot entre potes, d’écouter un concert, de se balader et de profiter de la vie nocturne parisienne, fauchés ! J’ai passé la journée comme dédoublée accomplissant les gestes du quotidien tel un automate mais donnant le change aux filles. Glenn est revenu du marché avec deux belles barquettes de framboises, j’ai alors pris cette photo de Coline qui adore mettre les framboises au bout de ses doigts avant de les manger. On a fait des courses, lu des histoires, on a évité d’allumer la télévision, par contre j’ai beaucoup écouté la radio et j’ai eu besoin d’aller sur les réseaux sociaux pour partager ma tristesse, ma colère et mon incompréhension. Finalement ce week-end nous sommes restés tous les 4 chez nous, j’ai énormément câliné mes filles encore plus que d’habitude, j’ai lu des articles par dizaine, je suis allée acheter Libé dimanche matin, le texte « Tuer le bonheur » de Laurent Joffrin m’a touché. Hier nous avons tenté de parler des événements à Léa qui n’avait pas vraiment envie d’écouter comme si elle voulait évacuer le sujet, je pense que ce soir en rentrant de l’école, elle va peut être me poser des questions, quant à Coline elle est si jeune, comment expliquer l’inexplicable à des enfants de cet âge ? Puis hier soir le coeur lourd j’ai allumé des bougies comme je l’avais fait pour les victimes de Charlie…

J’ai eu envie de ressortir cette illustration de Paris que j’avais faite il y’a quelques temps, comme ça juste pour le plaisir de dessiner Paris que j’aime tant, voilà j’avais besoin d’écrire aussi à quel point je pensais à toutes ces victimes dont certaines très jeunes qui avaient encore toute leur vie à construire, à leurs familles, aux blessés, aux rescapés traumatisés d’avoir frôlé la mort, je voulais écrire que j’ai peur pour l’avenir de mes enfants mais qu’il faut que la vie continue et que l’on profite à fond de tous les petits plaisirs qu’elle nous offre, je termine mon billet avec une Coco rayonnante, gourmande et heureuse ♥

1 Comment

  • Je crois que l’on est tous  » sonne  » par ce drame, cette barbarie…. Mais il faut lever la tête pour ne pas avoir peur, pour ne pas raser les murs…ce n’est pas notre pays, ce n’est pas nous ! Profitons des gens que l’on aime, de la vie, des petites choses du quotidien…… Des bises

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